Israël et L'Humanité - L'homme considéré comme le temple de Dieu

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L'homme considéré comme le temple de Dieu.


L'hébraïsme donne même à, Phomme un titre plus auguste en­core, en faisant de lui le temple de Dieu sur la terre, parcs que, comme nous Pavons dit, il résume toutes les parties de la création ci qu'il remplit en quelque sorte les conditions organiques nêces­saires pour recevoir et abriter l'esprit qui Pochas, à la manière de Pâme humaine qui, attachée à un certain organisme, ne peut sans lui entrer en relation avec la nature. Ce n'est pu la une idée professée lm les seuls KabbBlist~, mais encore par des théologiens hébraïques qui, sang se réclamer de la Kabbale, enseignent comme l'autour du Kozari (%~ que la forme, l'organisation matérielle est une condition de la descente et de l'habitation de l'esprit. Il faut d'ailleurs s'attendre, en repoussant obstinément la Kabbale, à perdre une source abondante des plus nobles et des plus profondes doetrines.

     Aux yeux des théosophes, l'organisme du corps humain et ses

facultés physiques sont les siégea et les vêtements de la apiritua­

litê. Fait ~ 11finage des choses cê ' lestes, l'homme en est la rêali­

sation dans la matiêre. Non seulement les Rabbins talmudiques et

midragehiques s'accordent sur ce point, mais la Bible elle‑même


M14 P. 127.

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j.dl,,, eèlê~. Juda ib. Tibb., , publié , 1167

1, preiê~ t~uolu,tÉ,, héb,.Iq,. il. ce li,,. êUit .b


DIGMTÉ DE L'H0~ 299

n'est pas étrangère à cette idée, puisque la notion de la présence de Dieu, de l'immanence de la sckeckiwa dont les Livres saints sont remplis, se confond avec elle. Sans doute, dans PElcriturü, e~eat plutôt la Nature, la collectivité des choses créées qui nous est re­présentée comme le temple de Dieu. Mais cettesorte de présence divine suppose l'autre, du moins dans une certaine mesure. Il ne faut pas oublier que la Bible s'adresse à la nation tout entière, qu'elle vise à la gimêralitê; c'est la une constatation qui peut être faite dans tous les autres ordres d'idées et qui n'a pas échappé à, la pênêtration de la critique religieuse et scientifique. Mais on ne doit pas croire pour cela que l'hêbraisme néglige l'individu; ce serait, une anomalie choquante dont l'histoire des religions ne nous offre aucun exemple. Il est au contraire très juste d'appliquer àl'homme en particulier ce que PEcriture dit du peuple tout entier.

Assurément le Temple parfait, c'est la nation sainte elle‑même, en attendant que ce soit l'Humanité entière; mais l'individu étant ans des pierres de l'édiles, il est, lui aussi, un temple, non sera. lement à titre d'élément on de partis constitutive, mais comme reproduisant, en ce qui le concerne et dans ans sphère plus res. treinte, le divin. Car le monde moral a cela de particulier que les matériaux ou êlëmonts, unis entre eux pour former l'être sapé­rieur, ne sent pas de simples moyens; ils out leur fin en eux‑mêmes et gardent leur valeur propre, en môme . temps qu'ils concourent avec les autres à la composition de l'ensemble. Cela est admis aujourd'hui par une certaine école pour les éléments de la matière doués eux aussi de qualités supérieures et surtout peur le corps humain, gigantesque confédération des mondes subalternes, qui aboutissent à une monade suprême les résumant tous. En réalité, pour lhébraïsme, Punivers, Phumanité, la nation et Phomme, sont autant de degrés dans lesquels le divin se manifeste et où il ré­side; il est par conséquent exact de voir en eux autant 46 parties du Temple de Dîeu~

Cette théorie de Phomme considéré comme le temple de Dieu a fait son apparition ailleurs que dans le Judaïsme. Sans doute lorsque Jésus, interrogê sur l'avènement du royaume de Dieu, r& pond: « Le royaume de Dion est au‑dedans de vous » (.), il ne fait que répéter ce que mille voix proclamaient autour de lui et avant lui. Mais le paganisme lui‑même, par la bouche de ses plus illustres


(1) 8. Lac,vu, 20‑21.


300 L']ffO~


ponceurs, a parlé quelquefois avec uns !UtuitiOu Certaine de cette vérité. Dm in vira bosui saki; c'est Zénon qui S'exprime ainsi, et Démosthène a dit aussi cette belle parole: « Les autels les plus beaux et le plus saints sont dans l'âme même de l'homme > ('). L'hébraïsme ne conteste point aux sages du Paganisme la gloire qui leur appartient; il revendique seulement celle d'avoir dit tout cela avant eux et d'avoir dit tout ce que chacun d'eux a dit sé­parémout.

References